Tout a commencé par une fabrique de chaudières, en 1870. Depuis la société n’a pas quitté son quartier natal, Hollerich, mais a pris une ampleur internationale. L’aide à la production d’«acier vert» est devenue son créneau pour l’avenir.
Tout a commencé par une fabrique de chaudières, en 1870. Depuis la société n’a pas quitté son quartier natal, Hollerich, mais a pris une ampleur internationale. L’aide à la production d’«acier vert» est devenue son créneau pour l’avenir.
(pj avec Marco MENG) En 1870, Eugène Muller-Buck installe le «Kesselfabrek» à Hollerich. Vingt ans plus tard, après la mort du fondateur, le jeune ingénieur luxembourgeois Paul Wurth reprend la fabrique de chaudières. Depuis? Que de chemin parcouru avec déjà un siècle et demi de parcouru. Entre le premier pas (qui fut le rachat d’une fonderie) et, aujourd’hui, le statut de leader mondial dans la conception et la fourniture de technologies et d’équipements pour la production de fonte brute.
Paul Wurth fait désormais aussi figure de pionnier dans le développement de nouvelles technologies. Ses équipes le prouvant encore récemment dans les hauts-fourneaux de l’aciérie allemande de Dillingen, où le gaz de cokerie à très haute teneur en hydrogène est maintenant utilisé pour la cuisson de l’acier. Mais à l’origine, Paul Wurth construisait des ponts en acier et des pièces pour les hauts-fourneaux.
L’ingénieur luxembourgeois Paul Wurth (1863-1945) ne se doutait pas de l’ampleur qu’allait prendre sa société.
Photo: Paul Wurth
A compter des années 1950, la firme Paul Wurth a également été liée à la construction de hauts-fourneaux entiers et n’a cessé de développer sa propre technologie. Il n’y a guère de haut-fourneau ou de cokerie du Brésil à la Russie en passant par l’Inde dans lesquels Paul Wurth n’ait pas été impliqué. La société est même active en Chine depuis 1909.
1926 voit Paul Wurth céder ses parts dans l’entreprise au groupe sidérurgique ARBED. Depuis la fin des années 1970, l’entreprise est devenue le leader mondial de la production de fonte brute, le produit primaire de l’acier.
À cette époque, Paul Wurth a également fondé ses premières filiales au Brésil et s’est mué en une pure société d’ingénierie. Comme cela signifiait la fin de la production au Luxembourg, l’entreprise dispose aujourd’hui d’une grande surface de terrains à Hollerich (à deux pas de la gare centrale). Autant de m2 qui, associés aux terrains appartenant au fabricant de cigarettes Landewyck, font maintenant partie d’un même projet immobilier.
Georges Rassel, PDG de Paul Wurth, a fait toute sa carrière dans l’entreprise.
Photo: Gerry Huberty
En 2009, Paul Wurth a racheté CTI Systems, société fournissant des solutions de logistique industrielle. En outre, le groupe, par l’intermédiaire de sa filiale Geprolux, est spécialisé dans la conception de grands projets de construction et d’infrastructure. Enfin, en 2012, ArcelorMittal (successeur de l’Arbed) et sa société associée Luxempart ont vendu leur participation combinée de 59,1 % dans Paul Wurth au fabricant d’installations allemand. L’actionnaire majoritaire devenant donc SMS Group.
Paul Wurth emploie aujourd’hui environ 500 personnes au Luxembourg et près de 850 à l’étranger. Plus de 80% du chiffre d’affaires de la société provient de la production de fonte brute; le reste étant issu de sa filiale CTI avec 200 employés et, à plus petite échelle, de Geprolux avec 70 employés.En 2019, son chiffre d’affaires a atteint 479,2 millions d’euros et généré un bénéfice net de 14,4 millions d’euros. Paul Wurth est détenu à 60% par le groupe allemand SMS, le reste par la BCEE (Spuerkeess), l’Etat et la SNCI.
Très tôt, Paul Wurth a étendu ses activités au-delà de l’industrie sidérurgique et a clairement reconnu l’importance de la production d’énergie renouvelable. Ainsi, le groupe avait créé une filiale italienne (Paul Wurth Energy), qui conçoit de petites installations décentralisées d’énergie de biomasse et d’incinération des déchets.
Paul Wurth conçoit des installations comme celles-ci dans le monde entier. Ses marchés majeurs se situant au Brésil, en Russie, Inde et en Europe.
Photo: Paul Wurth
En 2019, l’entreprise a poursuivi ses initiatives visant à développer des solutions climatiquement neutres pour l’industrie sidérurgique en acquérant une participation de 20% dans Sunfire, compagnie de «technologies propres» basée à Dresde, en Allemagne. Celle-ci utilise notamment ses propres procédés d’électrolyse pour produire de l’hydrogène et des carburants synthétiques. Un savoir-faire utile dans l’industrie aéronautique ou pour la production d’acier, très gourmande en énergie.
Produire de l’acier vert : voilà la ligne suivie pour l’avenir par les équipes de Paul Wurth. A charge pour Georges Rassel, directeur de l’entreprise, de la mener vers cette nouvelle étape cent cinquante ans après que la saga a débuté.
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